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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 07:52
JEAN-MARC ROUILLAN RÉINCARCÉRÉ, CHACUN DE NOUS EST CONCERNÉ !

Le 16 octobre, le tribunal d'application des peines siégeant à la  
prison des Baumettes à Marseille a décidé, après seulement cinq  
minutes de délibération, la révocation du régime d'aménagement de  
peine appliqué à Jean-Marc Rouillan depuis décembre 2007 après 21 ans  
de prison. L'appel sera jugé dans les quarante jours.

Alors que le Service pénitentiaire d'insertion et de probation était  
favorable au maintien du régime de semi-liberté de Jean-Marc Rouillan,  
la décision prise par les juges satisfait entièrement aux demandes du  
parquet, qui aujourd'hui se félicite bruyamment d'avoir mis fin au «  
scandale » que constituait pour lui ces dix mois de semi-liberté, même  
assortie de conditions très restrictives.

Le pouvoir politique, opposé depuis des années à toute mesure  
d'aménagement de peine pour Jean-Marc Rouillan, vise ainsi à empêcher  
sa libération conditionnelle qui était prévue en fin d'année. Il a  
donc orchestré cet emballement médiatique au cours duquel les propos  
tenus ont été déformés voire même falsifiés.

En réalité, s'il était interdit à Jean-Marc Rouillan d'évoquer les  
faits pour lesquels il avait été condamné, il ne lui était aucunement  
interdit de rencontrer des journalistes, de donner des interviews ni  
de s'exprimer sur la situation politique d'aujourd'hui et sur son  
nouvel engagement militant. D'autre part, Jean-Marc Rouillan n'a pas  
parlé des faits, il n'a fait que commenter l'interdiction d'en parler.  
Enfin, rappelons qu'il n’y a aucun fondement juridique à lui imposer  
aujourd'hui un chantage aux regrets, alors que ceux-ci n'ont pu être  
exigés de lui pour le placer en semi-liberté. De fait, la notion de  
repentance n'existe pas en droit français.

Mais il fallait interdire à Jean-Marc Rouillan toute expression  
politique. Il ne fallait pas qu'il parle et que sa parole puisse être  
écoutée de tous ceux qui subissent aujourd'hui une crise aux  
conséquences dramatiques. Jean-Marc Rouillan a parlé, il doit donc  
retourner en prison.

Ceux qui ont hurlé avec les loups, mais aussi ceux qui n'ont pas eu  
l'honnêteté intellectuelle de dénoncer hier l'amalgame mensonger  
répandu par certains médias, ceux qui sont restés frileusement dans  
leur niche et n'ont pas voulu « se mouiller » pour défendre Jean-Marc  
Rouillan peuvent maintenant se demander quelle part de responsabilité  
ils ont dans sa réincarcération.

Des juges ont décidé de mettre un militant politique en prison non  
pour des actes accomplis, mais pour une seule phrase prononcée,  
c'est-à-dire pour ses opinions. Ces juges n’ont même pas pris la peine  
de motiver leur jugement.

Ailleurs, d’autres militants doivent payer de fortes amendes sous le  
prétexte d'« outrage », utilisé pour faire taire toute opposition. Des  
travailleurs sont condamnés par la justice pour avoir défendu leurs  
droits. Des sans-papiers, enfants et adultes, sont raflés et expulsés  
avec la plus grande des violences. Des jeunes sont poursuivis pour  
avoir seulement sifflé la Marseillaise. Et tous, nous sommes de plus  
en plus surveillés, fichés, contrôlés par Edvige ou son avatar Edvirsp.

Aujourd'hui, laisser se développer sans réagir de telles atteintes aux  
libertés serait lourd de conséquences pour l'expression démocratique  
de tous. Face à l'arbitraire, nous appelons à l'unité pour défendre  
nos droits.

C’est ensemble que nous pourrons sortir Jean-Marc Rouillan de prison !

Sans oublier Georges Cipriani et Régis Schleicher.

Le Collectif « Ne laissons pas faire ! »

Paris, le 17 octobre 2008

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Liberation des prisonniers d'Action directe !

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Published by Section 2R-Vercors
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