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JEAN-MARC ROUILLAN : ENCORE ET TOUJOURS L’ACHARNEMENT DE L’ÉTAT !

Le 16 février, le tribunal d'application des peines de Paris a jugé  
recevable la demande de Jean-Marc Rouillan, en lui accordant un  
aménagement de peine à partir du 7 mars prochain, première étape d'une  
libération conditionnelle.

Il fallait bien entendu s’attendre à l’acharnement qui ne s'est jamais  
démenti du parquet, lequel a fait immédiatement appel de cette  
décision, comme lors de la première procédure en 2007 et pour chacun  
des autres militants d'Action directe, Nathalie Ménigon - aujourd’hui  
en liberté conditionnelle - et Georges Cipriani, actuellement en  
semi-liberté.

C'est donc toute la rigueur de la justice bourgeoise que doit  
continuer à affronter Jean-Marc Rouillan, emprisonné depuis 1987,  
alors que le vernis de l’État se craquelle de plus en plus et que des  
ministres utilisent opportunément leur charge pour servir leurs  
intérêts privés, donnant une image de l'affairisme effréné au poste de  
commande !

L’audience qui décidera si Georges Cipriani peut enfin obtenir une  
liberté conditionnelle serait programmée dans moins d’un mois, le 10  
mars. Nous sommes convaincus que, dans le même temps, la chambre  
d'appel ne pourra que confirmer le jugement en première instance pour  
Jean-Marc Rouillan et que notre camarade sortira rapidement de la  
prison de Muret.

Le Collectif "Ne laissons pas faire !"
Le 17 février 2011

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Libération des prisonniers d'Action directe !

Contact : nlpf@samizdat.net




Dans les années 1970 en Italie, de très nombreux jeunes militants dont la révolte s’était radicalisée choisirent la lutte armée. Marine Petrella en faisait partie. En 1982 elle est arrêtée, elle passe 8 ans dans les prisons spéciales italiennes avant d’être libérée pour expiration des délais de détention préventive. En 1993, elle est condamnée à perpétuité dans le cadre de lois d’exception, pour des faits remontant aux années 79 à 82. Elle vient en France, François Mitterrand, alors président de la République, avait accordé à quelques centaines d’Italiens - en pleine connaissance de la gravité des faits qui leur étaient reprochés et de façon indifférenciée les uns par rapport aux autres – un asile en France avec sa fille, ses avocats avertissent alors les autorités judiciaires françaises de sa présence. Marina Petrella réside en France de façon continue, en situation régulière, elle dispose d’un titre de séjour, reprend ses études, passe des diplômes, est salariée de structure publique… Le 21 août 2007, convoquée pour des formalités administratives, Marina est arrêtée au commissariat d’Argenteuil, à la suite d’une demande d’extradition du gouvernement italien.

La condamnation date d’une quinzaine d’années, les faits de plus de 25 ans. Quel serait donc le sens de cette incarcération aujourd’hui ? SI la sanction pénale a pour objet d’aider à la réinsertion sociale du délinquant, elle serait ici sans objet Marina Petrella est parfaitement insérée/ré-insérée dans la société française où elle vit, travaille et a fondé une famille. La sanction n’aurait pas plus de sens s’il s’agissait de protéger la société de la dangerosité, Marina Petrella a tourné la page de la lutte armée il y a des années.

Par contre, de nombreuses interventions favorables à l’extradition évoquent pêle-mêle l’absence de repentir de Marina Petrella et les victimes qui n’ont pas pardonné. Ces deux points semblent très liés et renvoient à une conception particulière de la sanction pénale. Le pardon des victimes n’est pas une catégorie juridique, la justice s’est construite contre la notion de vengeance et la loi du talion. Même si les victimes crient vengeance la société, elle, doit se contenter de leur rendre justice ; aucun droit pénal ne reconnaît aujourd’hui la nécessité d’enfermer à vie tous les auteurs d’actes délictueux ayant entraîné la mort d’autrui, quelle que soit la douleur des proches des victimes. Et cela est aussi vrai pour les familles des 85 tués de l’attentat de la gare de Bologne, pour les familles des travailleurs de l’amiante et pour tant d’autres. Quant au repentir, loin de la notion catholique de changement profond qui s’opère dans l’homme lorsqu’il reconnaît son péché devant Dieu, exprime le regret de sa faute et en demande pardon, il s’agit ici de la notion de repenti mise en oeuvre par la législation italienne. Le repenti n’est pas là celui qui regrette sa faute, mais celui qui dénonce ses anciens complices pour obtenir l’immunité. Notion mise en œuvre dans le cadre des lois d’exception mais notion déjà ancienne et crée à Rome avec la création de l’inquisition médiévale dans les années 1230 par le pape Grégoire IX. En effet la procédure utilisée par l’inquisition débutait par un délai de grâce au cours duquel ceux qui se présentaient et confessaient spontanément leurs fautes se voyaient imposer une pénitence religieuse mais échappaient aux sanctions du pouvoir civil, avec en contre partie l’obligation de dénoncer les hérétiques. Outre l’aspect moralement douteux de s’appuyer sur une délation récompensée, cette procédure était aussi une incitation à dénoncer le premier, incitation recrée par la notion "moderne" de repenti. Le parallèle que l’on pourrait poursuivre avec les procédures d’interrogatoire n’est pas anodin. L’inquisition ne pourchassait pas des criminels mais avait pour vocation d’éradiquer une hérésie et donc, les hérétiques qui contestaient l’ordre religieux et donc l’ordre social. L’objectif serait il le même aujourd’hui ? La sortie d’une période de violence ne peut pas se faire par la vengeance. Une amnistie sera nécessaire qui seule permettra d’écrire l’histoire de ces années de plomb et surtout d’essayer de les comprendre. Mais hélas il ne semble pas que ce soit la voie empruntée par les gouvernements occidentaux. De la demande d’extradition de Marina Petrella à la criminalisation des acteurs sociaux la logique est la même, maintenir l’ordre établi et éradiquer la « subversion ».

Jean-Michel Arberet

Conseiller municipal d’Arcueil

Partenaire du groupe communiste

http://jm-arberet.over-blog.com/

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