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 La dernière conférence de la gauche anticapitaliste à Strasbourg constitué un pas

en avant dans le rassemblement de la gauche anticapitaliste européenne.
Des réunions ou conférences de ce type ont déjà eu lieu  depuis une dizaine d’années,
avec des haut et des bas, mais aujourd’hui, la situation internationale, et surtout la crise économique, conduisent à renforcer les coopérations et les liens entre tous les anticapitalistes.  Le succès de cette conférence est aussi lié à un «  !effet NPA!» sur toute la gauche européenne.

A Strasbourg, étaient représentées  !les organisations suivantes : le «!Bloco de Esquerda!»du Portugal,!«!Izquierda Anticapitalista!» de l’Etat espagnol!», « !Sinistra critica!» d’Italie,«!Syriza!» et «!Antarsia!» de Grèce, le «!Parti Polonais du travail !»,l’ISL!» et le «!RSB!»!d’Allemagne, la «!Gauche Anticapitaliste!» et le « !Mouvement pour le Socialisme!» de Suisse, la «!LCR!» et le «!PSL!» de

Belgique, le « !SWP!» de Grande Bretagne, le «!Socialistiska Partiet!» de Suède. «

!L’Interventionistische Linke!» d’ Allemagne, le «!POR!» d’Espagne, le « !SP!» de Grande Bretagne et le «!SSP d’Ecosse!» n’ont pu participer à la réunion et ont envoyé des messages de solidarité.La conjugaison de la crise économique, des résistances sociales et de l’évolution sociallibérale de la gauche traditionnelle, créent de nouveaux espaces pour la gauche anti capitaliste européenne. De nouvelles forces ont émergé et se sont développées ces dernières années.

. Cette conférence a montré une approche commune des diverses organisations, d’abord sur l’analyse de la crise économique et les moyens d’en sortir. Pour combattre le chômage, la pauvreté, et instaurer de nouvelles régulations ou s’attaquer aux paradis fiscaux, il faut s’en prendre au noyau dur du capitalisme, imposer une redistribution des richesses au profit du plus grand nombre et remettre en cause la propriété capitaliste. La crise ne résulte pas seulement d’excès de la « !financiarisation!» ou de spéculations boursières,
elle est la conséquence du profit et de la propriété capitaliste.

. Les anticapitalistes ont aussi insisté sur la nécessité d’un plan d’urgence social, démocratique et écologique, à l’échelle européenne !; Un plan qui refuse les licenciements,augmente les salaires, impose l’harmonisation des droits sociaux vers le haut, instaure un système bancaire et financier public sous contrôle populaire, défende les services publics, et en particulier propose des grands ,travaux publics écologiques dans le domaine du transport et de l’énergie. L’échelle européenne est le bon niveau de réponse, en termes de politiques économiques, sociales, fiscales pour répondre à la crise capitaliste. L’échange entre représentants du maximum de pays d’Europe est indispensable pour la concrétisation et la formulation des revendications. Comment formuler la revendication de « !salaire minimum européen !» lorsque dans certains pays-la Suède, l’Allemagne- la revendication de salaire minimum est en deçà du niveau de salaires négociés dans les conventions

collectives. Quel niveau de salaire minimum, lorsque les salaires minimum au Portugal et en Pologne sont de 450 euros, quand l’Italie n’a pas de salaire minimum. Sinistra Critica vient de mener une campagne pour une loi imposant un salaire minimum Ce salaire serait ajusté à 1000 Euros. Nous sommes restés sur une formule générale qui lie l’exigence d’un salaire minimum européen à l’harmonisation des droits sociaux vers le

haut.

. Enfin, la conférence a réaffirmél’incompatibilité entre programme anticapitaliste et la participation ou le soutien

à des coalitions social-libérales avec la social-démocratie ou le centre gauche,notamment sur la base de la faillite des expériences de la gauche plurielle en Franc et du gouvernement Prodi en Italie. Cette question est décisive. Elle sépare les organisations de la gauche anticapitaliste réunie à Strasbourg des organisations comme le PCF, le PCE, Refondation communiste d’Italie qui soutiennent ou ont soutenu ou même participé à des coalitions gouvernementales, parlementaires ou de gestion des grandes villes avec les partis

socialistes ou le centre gauche. Cette question sépare aussi le NPA qui défend une ligne d’indépendance nette vis-à-vis du PS et «

!Die Linke!», le parti de la gauche d’Allemagne qui gère l’exécutif de la capitale, Berlin, et se prononce pour un accord politique avec la social-démocratie. Il faut aussi noter la position de Refondation

communiste d’Italie qui vota au parlement italien pour le maintien et l’envoi de troupes italiennes en Afghanistan. La direction de Die Linke s’est aussi distingué par son refus de soutenir la résistance du peuple de Gaza contre l’intervention militaire israelienne.

Au niveau européen les rythmes de la construction de la gauche anticapitaliste sont fort inégaux, comme le sont les rapports de forces et les histoires dans les différents pays. Des partis venant d'une tradition réformiste s'en approchent. D'autres, de tradition anticapitaliste, cherchent

!parfois des liens avec le Parti de la gauche européenne, fortement marqué actuellement par Die Linke (où la tradition d'un parti d'Etat, institutionnalisé, reste très pesante). Si tous les participants à la conférence sont unis dans leur refus de participer à des coalitions social-libérales, il faut noter des différences en son sein, particulièrement entre le NPA et le Bloco de Esquerda

portugais ou Synaspismos de Grèce sur les rapports de cette gauche anticapitaliste avec des forces réformistes de gauche comme Die Linke ou les ou les partis communistes.
 Le NPA estime que les anticapitalistes ne peuvent construire une alternative politique avec des partis qui participent à des coalitions social-libérales.

. Là aussi, la conférence a été des plus utiles pour faire le point sur la situation sociale et politique en Europe. Des grandes journées d’action ou des grandes manifestations ont eu lieu, en Grèce, au Portugal, en Italie - malgré le berlusconisme- en France. En Allemagne et en Angleterre, des secteurs du mouvement syndical et du mouvement altermondialiste ont organisé une série d’initiatives et de manifestations. Il ya donc

résistance mais dans une série d’autres secteurs, il y a la crainte de la crise, et les salariés acceptent pour sauver leur emploi… de bloquer par exemple les salaires. C’est ce qui s’est passé à la SEAT en Catalogne,

où les ouvriers ont approuvé lors d’un référendum les plans du patronat soutenu par les directions syndicales social-libérales.

A noter aussi les réactions xénophobes et raciste qui peuvent monter dans des pays comme l’Italie, l’Angleterre ou certains pays d’Europe centrale. La situation est donc contradictoire mais à la différence d’autres crises, les travailleurs ne sont pas abattus, démoralisés. Il ya de réelles capacités de résistance.

. Bien entendu, les développements de la gauche anticapitaliste sont, aujourd’hui, inégaux en Europe. Ils sont souvent liés au niveau des luttes et des résistances sociales, mais les anticapitalistes constituent une force politique réelle. Parmi les organisations les plus significatives

!: le Bloc de gauche portugais organise plusieurs

milliers d’adhérents et a obtenu 7 députés et plusieurs dizaines de conseillers municipaux. Les deux coalitions grecques – Syriza et Antarsia - regroupent aussi plusieurs milliers de militants qui ont soutenu activement la révolte de la jeunesse grecque. Le Parti Polonais du travail s’est constitué au travers des syndicats de plusieurs dizaines de milliers de mineurs de charbon, et s’attèle aujourd’hui à la construction d’un parti des travailleurs. Le

SWP anglais a joué un rôle important dans les mobilisations anti-guerre. En Espagne et en Italie, Izquierda anticapitalista et Sinistra critica se sont construites en s’opposant à la droite mais aussi en s’opposant à la

politique du parti communiste espagnol et de Refondation Communiste d’Italie qui soutienne ou ont soutenu les gouvernements du parti socialiste ou du centre gauche.

. Nombre de ces organisations vont se présenter lors des prochaines élections européennes, mais au-delà de ces échéances électorales, ce sont des organisations qui constituent d’ores et déjà des points d’appui décisifs pour avancer dans la perspective d’un pôle anticapitaliste européen. Les contacts et les relations vont se multiplier. Dans les principaux meetings de la gauche anticapitaliste européenne, des représentants des organisations de la conférence de Strasbourg peuvent intervenir. Nous avons aussi proposé à nos partenaires une coordination des militants confrontés aux mobilisations contre les suppressions d’emploi. Nous avons proposé que les militants anticapitalistes de «!Continental Europe!» se coordonnent. Dans l’avenir, il faudra poursuivre ces relations, sur des thèmes transversaux ou sur des questions sectorielles pour approfondir les relations entre les organisations. L’enjeu est décisif!: construire une nouvelle force anticapitaliste en Europe.

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